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A la une POSSIBLE RENAISSANCE ?

La ferveur certaine de mes débuts m’ayant quitté pour un temps, ainsi qu’une bonne partie de mon inspiration (déjà pas terrible). Je me décide enfin à pondre un article, juste comme ça, pour la forme, et pour me remotiver un peu. J’ai pris une résolution que je tiendrais, coute que coute, au moins un article par semaine, et tant pis si ça semble dépouillé, voir vide.

En ce moment, je ne sais que faire, j’envisage d’ouvrir un autre blog, (sans pour autant quitter la plateforme allocinéenne),  histoire de me renouveler un peu, il serait plus abouti que celui-ci, ou alors de continuer dans la même voie en corrigeant quelques erreurs passées (bien que la première solution me tourmente dure). Je pourrais en ce cas, soigner plus amplement mon écriture, développer un style plus personnel, m’ouvrir de nouvelles portes…

J’ai conscience qu’il me reste encore beaucoup de choses à découvrir, à apprendre, de la blogosphère allocinéenne et je ne compte en aucun cas abandonner cette expérience enrichissante que j’ai débuté il y a de cela presque un an. Ainsi, quelque soit la décision que je finirais par prendre, je sais qu’elle me fera aller de l’avant… Et puis, en fin de comptes, j’idolâtre toujours autant le cinéma et la rédaction de critiques en tout genre me stimule toujours autant (quoique je laisse un peu paraître le contraire ces temps-ci).

Un article par semaine, c’est dit, c’est irréversible, mais cette promesse ne concerne peut-être pas ce blog-ci.

Sinon, un grand merci aux 9400 visiteurs curieux ou simplement égarés et aux autres blogueurs sympathiques qui m’ont apporté une aide des plus précieuses.

 
A la une ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

De l’attente impondérable que ce film avait provoquée, film de la rencontre si évidente et si belle entre l’univers gothique et cauchemardesque de Burton et la poésie décalé et surréelle de Carroll, il ne reste malheureusement rien, si ce n’est une rude et amère déception. Déjà car Burton semble lié, impuissant face à une dictature barbare et proprement scandaleuse des producteurs vénaux de chez Disney, ensuite car il fait baigner son film dans une complaisance et un poncif sans nom, et enfin car il semble se soumettre à la volonté mercantile et commerciale puante imposée par une telle production.

De l’œuvre malicieuse et foldingue de Carroll ne reste donc qu’une bouillasse visuelle abrutissante, une gosserie débile et inqualifiable, un produit lourdaud et formaté. Pourtant, Burton avait déjà réussit à immiscer son univers déroutant chez Disney, notamment avec L’étrange noël de Mr. Jack, féroce conte macabre en rien infantile. Il est donc des plus horripilants que de constater que l’esprit sombre et tortueux du conteur gothique qu’est Burton s’est littéralement fait la malle. Mais où est donc passer le créateur des merveilleux Edward aux mains d’argents, Sleepy Hollow ou autre Batman : le défi ? Burton transforme l’œuvre originale en parcours initiatique foireux sans aucune volonté de noirceur (pourtant indispensable) ou même de folie (indispensable aussi). Le metteur en scène traîne les guêtres clichetonneux de l’heroïc fantasy indigeste à la Narnia et semble même y prendre goût, on ne sera donc pas épargnés des batailles pseudo-dantesques et pompeuses ou encore des quêtes clipesques et refoulées. Et la musique balourde et chiantissime de Danny Elfman, qui semble ne pas vouloir s’arrêter, de briser toute émotion (si tenté qu’il y en ait) et de nous briser les tympans. Enfin, restes les morales lénifiantes et bon-enfants, gentillettes et écœurantes.

Je ne parlerais même pas des prestations de Johnny Depp ou de Mia Wasikowska (?), tellement consensuelles et ahurissantes qu’elles parviennent à manquer d’absurdité. Après, reste la beauté des décors, le design intéressant des personnages, et l’utilisation à peu près convenable de la 3D, mais même ça finit par faire peine.

 
Alice au Pays des Merveilles - ma note pour ce film :
Réalisé par Tim Burton
Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Michael Sheen, ...
SHUTTER ISLAND

D’une brume dense et opaque, d’un brouillard asphyxiant et sombre, s’extirpe un navire fantôme, il vogue lentement, comme prudent, sur une eau calme et menaçante, il avance nonchalamment vers une île intrigante aux formes effrayantes. Et les violons hurlent un air terrifiant, ils résonnent tels des esprits sournois, ils nous envoutent et nous inquiètent. Et plus le navire s’approche, plus le marshal Teddy Daniels et sont équiper Chuck Aule s’enfoncent au cœur de ce gouffre, au cœur de cette île monstrueuse, plus la musique se fait forte, plus la tension augmente, plus le cœur palpite d’inquiétude pour ces deux inconscients et plus la curiosité se fait forte.

Shutter Island est terrifiant, il envoute et repousse, il nous noie au cœur de l’abîme, nous entraîne aux confins de l’esprit tortueux de son héros déglingué, un esprit en cendre, comme consumé, un esprit labyrinthique remplit d’infamies (Dachau) et de tragédies (la mort de sa femme)… Venus enquêter sur la disparition d’une patiente, les deux marshals vont se retrouver embarqués dans une spirale infernale, et la quête personnel, et obsessionnelle, de Teddy va nous plonger jusque dans ces rêves, refuges des pires atrocités (les tas de corps congelés tombant en cascade d’un train, la vision anaphorique de la jeune fille morte…) et nous obséder nous aussi, Laeddis nous intrigue, il cultive toutes nos pensés et nous attire fébrilement. Scorsese électrocute sa mise en scène, il nous tient comme prisonnier, il nous fait nous impatienter, il nous maintient en haleine, il nous embarque dans des délires euphoriques et horrifiants. Sa caméra et souple, ample, ses cadres sont sublimes, il prête une attention formelle à chaque détail et nous livre quelques magnifiques scènes (le long, très long, plan-séquence de l’exécution des gardiens nazis, le(s) sublime(s) rêve(s) de Teddy, ou encore son parcours, très expressionniste, à travers le bloc C…).

Et puis viendra le temps des révélations, révélations inacceptables et pourtant si évidentes, si criardes. Pourtant, ne vaut-il mieux pas les oublier, ne vaut-il mieux pas "mourir en héros plutôt que vivre en monstre" ? Et Scorsese de continuer à nous envouter, jusqu’à son tout dernier plan et cette toute dernière phrase, il nous laisse contempler le phare imposant qui surplombe l’île et ce ciel inlassablement gris.

 
Shutter Island - ma note pour ce film :
Réalisé par Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, ...
WOLFMAN

Comme il semble loin le temps des maquillages foireux et des transformations saccadées toutes en bruitages sordides et autres convulsions, le temps des parkinsons brutale les soirs de pleine lune, le temps des couleurs flashy et des brushings intégral, des effets-spéciaux mécaniques kitschissimes de Sir Rick Baker et des relents musicaux mal-vieillis. Pour beaucoup d’entre nous, le film dit de "loup-garou" (sous-genre catégorique de l’univers fantastique) représente tout un pan, toute une mémoire de cinéma. Il en va de même pour les plus vieux, se remémorant leurs premières frayeurs cinéphilique devant un Lon Chaney éponyme arpentant la brume de forêts effrayantes sous la lumière éblouissante de l’astre blanc, le visage couvert de poil et la posture courbée. Mais aussi les décors gothiques et oniriques, symbolique de Universal et de l’"âge d’or" du film de monstres.

Aujourd’hui (devrait-on dire "enfin" ?), le même studio a décidé de rendre un hommage digne de ce nom à cette époque oublié et définitivement révolue. Car à bien y regarder, le genre est en train de disparaître, où plutôt de se viander littéralement, s’embourbant dans les nanars pseudo-épiques à la Underworld ou se noyant dans les méandres écœurants de la saga Twilight. Ce Wolfman fait donc figure de film "salvateur", long-métrage sensé donner un dernier hommage, ou peut-être offrir une renaissance (beaucoup trop incertaine), à cette œuvre inoubliable. Malheureusement (?) c’est Joe Johnston qui tient le flambeau, lui se tâcheron sans vergogne, le Lon Chaney actuel : Benicio Del Toro (pourquoi pas ? après tout c’est à lui qu’on doit l’idée), le personnage féminin indispensable : Emily Blunt (Hein ?) et le méchant papa : Anthony Hopkins (mais ouais !).

Le métrage souffle un vent de pur divertissement cinéphilique, une véritable madeleine de Proust qui fleure bon le chien mouillé. Les décors sont flamboyants et gothiques à outrance. Londres a rarement été aussi noire, de l’asile psychiatrique monstrueux en passant par la caverne sombre et humide sous le pont, Johnston nous fait également visités les forêts brumeuses et terrifiantes avec leurs arbres affreusement grands et leurs marécages intriguant, mais aussi les manoirs glaçants tout en têtes de cerfs empaillés et autres peintures baroques. Le réalisateur insuffle à son film une dose non contenue de sauvageries gorasse en la jouant très premier degré, démembrant et étripant à tout va n’importe quel bohémien superstitieux ou autres docteurs sadiques so stéréotypés (comme le sont d’ailleurs, et pour nôtre plus grand plaisir, la majorité, voire la totalité des personnages). Les maquillages grandioses du vétéran Baker rajoutent une petite dose de kitsch bien placé, faisant oublié un instant les bouillasses synthétiques artificielles et pas crédibles pour deux sous, et côté acteurs ils n’ont même pas le temps de cabotiner tant leur prestation est plaisante.

Alors oui, Wolfman est une pure merveille délirante, sérieuse et extrêmement divertissante à la fois et oui je suis peut-être véritablement cinglé.

 
Wolfman - ma note pour ce film :
Réalisé par Joe Johnston
Avec Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, ...
BROTHERS

Brothers est beau, c’est une œuvre exceptionnelle et bouleversante, un constat profondément nihiliste et fondamentalement humain sur ce qu’engendre la guerre, sur les atrocités inimaginables que les soldats sont amenés à commettre à cause d’elle, et surtout, sur leur irréversible bouleversement psychologique. Sheridan arrive à nous toucher, à nous émouvoir avec un sujet simpliste et longuement rabâché. Parce qu’il arrive à garder une certaine distance par rapport à l’horreur pur et qu’il privilégie plus grandement le drame humain. En effet, le réalisateur prend le partie de se tourner principalement vers la difficile reconstruction familiale des Cahill. D’ailleurs, le peu de scènes montrant l’enfer que vie Sam, le fils prodigue, en Afghanistan sont quelques peu laborieuses, stéréotypés, voire un brin manichéennes, ce qui n’empêche tout de même pas le grave ressentit émotionnel face à la barbarie montré.

Sam est donc considéré comme mort, au grand dam de son vétéran de père (Sam Shepard grandiose) qui se demande ce qu’il va bien pouvoir foutre de son autre fils Tommy (Jake Gyllenhaal, tout en sobriété et efficacité), le rebelle, le taulard. Le jeune soldat laisse également derrière lui, Grace (Natalie Portman, rarement si touchante), sa veuve éplorée, épouse et mère parfaite, et ses deux jeunes filles. Tommy décide donc de racheter sa vie de rebelle en aidant la gentille famille de son brother à se remettre de ses émotions. Et là, on apprend que Sam est encore vivant, qu’il a vécu en captivité pendant dès mois dans un terrier afghan.

Tobey Maguire est éblouissant, son jeu est quasi-parfait, il est un robot paranoïaque, vide, comme dépouillé de sens, d’émotions, il est tour à tour terrifiant et bouleversant. Il est d’autant plus émouvant, et glaçant, lorsqu’on le voit, au beau milieu de la nuit, sortir son arme, courir dans son jardin au moindre aboiement du chien des voisins ou alors fixer sa fille d’un regard plein de haine et de cruauté contenue (en ce sens, la scène finale, dans la cuisine, est véritablement terrifiante). Sam s’est noyé, il est là sans être là, il aurait peut-être dus mourir.

Brothers est une merveille, un chef-d’œuvre bouleversant et terrifiant, grandiose bien que quelque peu prétentieux, mais indéniablement touchant.

 
Brothers - ma note pour ce film :
Réalisé par Jim Sheridan
Avec Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire, Natalie Portman, ...
INVICTUS

C’est un film bien sage que nous propose ici le "commandeur" Eastwood, peut-être même un poil trop sage par rapport au sujet assez grave sur lequel il porte. Soyons honnête un instant, il semble plus qu’évident que ce bon vieux tonton Clint ai perdu de sa splendide, après un Gran Torino touchant mais pompeux, il nous pond un long-métrage pour le moins minimaliste et qui aspire à plus de prétention qu’on ne pourrait le croire. Ainsi, il nous livre une œuvre pleine à craquer de bons sentiments clichetonneux, pleine de scènes magnifiques sur l’égalité des peuples (celle des mains noires et blanches brandissant la coupe), pleine de racolage outrancier sur l’acceptation raciale. Toutefois, il semble parfaitement maîtriser son sujet et tient le coup des deux heures sans trop de difficultés, malgré quelques longueurs au niveau des plages de dialogues balourdes et moralisatrices.

On pouvait aussi espérer une meilleur mise en scène de la part de papa Eastwood, lui qui fut (et est encore) acclamé pour son talent de réalisateur, ses cadrages n’ont rien de percutants, de transcendants, d’ingénieux, c’est affreusement plat et morne, c’est bien trop banal, trop codifié en dehors de quelques scènes vraiment réussies (celle, magnifique et bouleversante, de la prison). Heureusement que les matchs de rugby sont là pour rehausser le niveau. Eastwood nous plonge au cœur de l’action. Chaque détail est capté, on suit les joueurs jusque dans les mêlés, on sent le choc des épaules, la vibration des peaux, les placages violents (le ralentit final est pour le moins impressionnant, bien que fantaisiste).

Enfin, il ne faut pas oublier la prestation exceptionnel de Morgan Freeman, toute en finesse et efficacité, il se coule avec aisance dans la peau de Nelson Mandela, il adopte ses mimiques, ses gestes, sa façon de marché, son sourire familier.

C’est donc une œuvre minime du grand Eastwood qui s’offre à nous. Clint nous ayant habitué à bien mieux que ça. Un long-métrage un peu trop chargé de bons sentiments et un poil trop doux. Pensons aussi qu’il ferait bien de se renouveler question réalisation si il ne veut pas tomber dans le rébarbatif, mais étant donné son grade de "commandeur" et l’amour aveugle que lui porte le public, il serait étrange d'en arriver là.

 
Invictus - ma note pour ce film :
Réalisé par Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Tony Kgoroge, ...
AVATAR

Avatar était, sans conteste, l’un des films les plus attendus de l’année passée. Notamment grâce à l’utilisation "révolutionnaire" de la 3D et aussi, bien sûr, grâce à la puissance évocatrice du nom de "James Cameron", réalisateur auréolé de succès divers et variés et à qui l’ont doit principalement le très côté Titanic et le tout aussi connu Terminator (et, accessoirement, aussi sa suite Terminator 2). Bref, vous l’aurez compris, y a de quoi faire remuer la masse. Mais en regardant le résultat final on peut se demander pourquoi, justement, un tel buzz, une tel attente fébrile, pourquoi décrier un film de chef-d’œuvre avant même sa sortie en salle ? Que d’incohérence et que de surprise lorsque que l’on matte fièrement le dit "chef-d’œuvre".

Certes, le film n’est en aucun cas mauvais, bien au contraire, il est enivrant, merveilleux, fantastique. On ne peut que s’émouvoir de tant de splendide, de tant d’emphase visuelle, d’une telle beauté, d’une telle magnificence. Le paysage, les créatures, l’ambiance, le contexte, tout est "énorme", tout est superbe. Toute cette "purée technique" est incroyablement réaliste et d’une beauté indescriptible. Et aucun défaut, absolument aucun, ne vient perturber ce gigantissime spectacle visuel. C’est un véritable obus qu’on se prend en pleine poire (et pas seulement). Nous sommes ébahies, hagards, la bouche ouverte, la bave aux lèvres et les yeux en sangs, zombifiés par tant d’extase.

A partir de ce moment là, le spectateur moyen réagit de la façon la plus simple et la plus évidente qui soit, il  "plonge dedans et il kiffe" sans chercher à comprendre ni pourquoi, ni comment. Et c’est là que j’entre en scène (et oui, je m’intègre pour une fois moi personnellement à ma critique). Durant mon premier visionnage, j’ai réagit en totale contradiction avec cette règle et je me suis contenté d’analyser. J’ai cherché toutes les conneries qui soient, tout ce qui pourraient entacher la réputation du film et le fait est, que j’ai trouvé pas mal de chose. J’ai pensé de tel façon : "p*** que c’est niais ! p*** que c’est moraliste ! p*** que c’est cliché ! p*** que c’est pompeux ! etc… " Et je suis ressortis de la salle en ayant regardé un véritable jeu-vidéo. Plein d’emphase visuelle fantastique mais étrangement vide, ou alors trop plein de clichés.

Et je m’en suis allé le redécouvrir une seconde fois, craignant d’avoir manqué quelque chose, de m’être trop plier à la dure loi de la critique, et c’est là que j’ai agis en totale contradiction avec mon premier visionnage et que je me suis plié, non sans mal, à la règle du spectateur moyen, j’ai plongé et j’ai kiffé. Bref, je l’ai étrangement trouvé bien moins balourd, bien moi chiant que la première fois. J’ai trouvé l’histoire particulièrement prenante, superbement rythmée et très réussie, même si je ne suis pas un grand fan de ces fuckin’ discours écolos. Et malgré le fait que j’ai carrément adoré, je me suis une fois de plus posé la question du pourquoi du comment ce film à tant était buzzé et tellement acclamé. Car il est vrai que, la "révolutionnaire" 3D mise à part, le film n'est que, ou presque que, du rabaché, du vus et revus.

Je suis donc vraiment décontenancé par ce long-métrage, je ne sais vraiment pas quel chemin suivre. Je ne tirerais donc qu’une vague conclusion : Avatar est une œuvre entièrement, mais pas uniquement visuelle, un petit peu trop remplis de clichés foireux et d’une substance scénaristique trop prévisible et trop pompeuse.

PS : Dur dur de critiquer.

 
Avatar - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
TOP 2009 : VOUS N'Y ECHAPEREZ PAS

Ca y est, 2009 c’est terminé, et c’est la fête, et on peut danser sous les spots éblouissants, sous la boule à facette gerbante, et on peut respirer la fumée chimique qui flotte un peu partout et on peut se bourrer à mort au Champagne, et on peut s’empiffrer de gâteaux de soirées et de toasts au foie-gras… Et puis, le calme revenu, on se remémore, on se souvient, on se rappel (mais ça veut dire pareil !) : 2009 la grande, la sainte, la brave, la vaillante (pas d’exagération) ! On se remembre, bien évidemment, en bon cinéphile/phage/vore, cette superbe année de cinéma (on est quand même là pour ça !)... Bref, puisque je ne suis pas très doué pour les longs discours et que je ne suis pas fervent fan des speechs blablateux, voici mon Top 2009 !

The Ten monsters of the Top Ten :

1 - Boy A n’est pas un film, c’est une expérience tenant de l’extase. Puissant et émouvant, c’est un chef-d’œuvre à vivre, à ressentir dans sa chair, dans son âme et dans son cœur. Une pure merveille.

2 - Bronson est un fabuleux spectacle visuel, une splendide ode à la violence aux relents oniriques et lyriques sur fond d’envolées magiques de musiques classiques. Une perle digne d’Orange mécanique.

3 - Là-haut est une véritable pépite, un bijou d’animation signé Pixar. Œuvre poétique et émouvante sur l’accomplissement de soi.

4 - La route : sombre, placide, glacial, bouleversant, John Hillcoat nous plonge la tête au cœur de l’abîme tel un vigoureux tortionnaire.

5 - The box, film étrange, intriguant, mystérieux, ou comment Richard Kelly réussit une superbe remontée en scelle. Ambiance retro 70’s à l’appuie.

6 - Watchmen est un véritable exutoire visuel, un aboutissement assouvi et une adaptation impressionnante du roman-graphique d’Alan Moore.

7 - Inglourious basterds ou le meilleur film de Tarantino depuis Pulp Fiction. Un savoureux mélange d’humour frappadingue et de sang.

8 - The Wrestler. Drame poignant et magnifique, et retour en fanfare d’une icône que l’on croyait perdue.

9 - Le Ruban blanc est une œuvre singulière et discrètement furieuse dénuée de toute forme d’émotion ou de ressentit.

10 - Hôtel Woodstock. Comédie simple et touchante, agréable à vivre et particulièrement drôle.

 
LES OISEAUX

Hitchcock - troisième séance (critique par mymp)

Librement adapté d’une nouvelle de Daphné du Maurier (qui ne reprendra de celle-ci que l’inexplicable comportement des oiseaux), Les oiseaux d’Hitchcock transfigure cette indicible peur émanant de l’ordinaire et d’un quotidien devenu soudain menaçant, associée à celle d’animaux familiers métamorphosés en émissaires de l’apocalypse. Les nombreuses interprétations envisagées par rapport au film (perturbation écologique, jugement dernier, manifestation de l’inconscient et/ou de pulsions érotiques…) ne doivent pourtant pas occulter le simple fait qu’Hitchcock a d’abord voulu mettre en scène un film de terreur pure pour épouvanter et impressionner le spectateur.

Si la mise en place se révèle quelque peu fastidieuse, la suite, en revanche, s’attelle à parfaire un minutieux crescendo dans le suspens et le spectaculaire. Cela commence par une mouette attaquant Melanie (Tippi Hedren, très Grace Kelly et Kim Novac) pour finir en explosions et déchaînements de violence. Deux scènes en particulier marquent (et contribuèrent à la réputation du film à sa sortie) : celle à la sortie de l’école et celle dans le grenier.

La première parce qu’elle est un modèle de construction dans la tension (l’arrière avec le regroupement progressif d’une centaine d’oiseaux) puis dans la cruauté (l’offensive des corbeaux sur les enfants). La deuxième, souvent apparentée à un viol, voit Melanie se faire agresser par une nuée de volatiles surexcités, manifestation de sa culpabilité ou comme "punie" pour son péché de curiosité (celle d’être montée au grenier, lieu symbolique associé à la connaissance, au savoir). Cette scène peut, éventuellement, se lire comme un décalque de la scène de la douche dans Psychose (et fait très certainement dans ce sens par Hitchcock) : rapidité du montage, plans resserrés, plaies sanglantes et multiples coups de becs rappelant les coups de couteau de Norman Bates.

Elle suggère en tout cas ce qu’il est possible d’admettre dans Les oiseaux : une histoire d’envie et de refoulement sexuels (mais, là encore, c’est une interprétation tout aussi valable qu’une autre). A tenter ainsi d’analyser cette œuvre étrange d’Hitchcock, il apparaît que Mitch Brenner, "unique" figure masculine du film, soit le catalyseur de toutes les discordes inconscientes des trois personnages féminins (alors répercutées, de façon allégorique, dans la colère des oiseaux) : le désir latent de Melanie, la jalousie d’Annie, avec qui il eut une liaison, et l’affection étouffante de Lydia, sa mère, qui rejette Melanie dès leur première rencontre.

Hitchcock, qui entretenait une relation trouble aux femmes (il était complexé par son physique) et surtout vis-à-vis de ses actrices qu’il aimer magnifier et sadiser dans un même temps et dont il tombait souvent amoureux (il déclara sa flamme à Hedren qui le rejeta), a peut-être projeté, dans le récit de du Maurier et le scénario d’Evan Hunter, ses propres lubies et fantasmes dans la vision d’un monde réduit au village de Bodega Bay et à trois femmes "s’arrachant" un seul homme, monde tout à coup assujetti à de brusques instincts de mort, menace insaisissable et métaphorique dont la signification première n’appartiendrait, et pour toujours, qu’à Hitchcock lui-même.

Photo : Jodie Foster pour Vanity Fair

 
Les Oiseaux - ma note pour ce film :
Réalisé par Alfred Hitchcock, Dennis Iliadis
Avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Suzanne Pleshette, ...
BIENVENUE A ZOMBIELAND

Comédie potache et baroque, grand cru survitaminé de démence et de monstruosités en tout genre, capharnaüm bouillonnant de références dégoulinantes et sublimement maîtrisées, récit initiatique onirique et délirant de personnages archétypaux complètements déjantés, Bienvenue à Zombieland s’annonce, dès ses premières minutes, et avec son générique rageur et plein d’ironie au son des guitares hurlantes de Metallica, comme un délire décomplexé et vociférant. Sorte de mix poussiéreux de toutes les figures charismatiques du film de zombie, ce long-métrage ce présente à nous tel un délicieux gâteau crémeux bien écœurant que l’on dévore la bave aux lèvres et le sourire en coin.

 
Bienvenue à Zombieland - ma note pour ce film :
Réalisé par Ruben Fleischer
Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Abigail Breslin, ...
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